Qui est le Chef ???
Que faire quand un Enfant est présent?
La plupart des conflits entre enfants et chiens démarrent à la puberté. Le chien est le premier à déceler des modifications de l'odeur liées à la puberté, et change parfois de comportement de manière inexpliquée.
De son côté, l'adolescent qui s'affirme aura tendance à faire preuve d'autorité. Tous les ingrédients de l'agression sont réunis car la hiérarchie se modifie. Très souvent, l'adolescente aura tendance à former une cellule close avec son chien et à le surprotéger, à le faire dormir dans sa chambre où ne pourront plus pénétrer ses parents... ou son petit ami.
Avec de jeunes enfants impubères, les troubles de nature hiérarchique sont rares. Cependant. d'autres pathologie comportementales peuvent être en cause, et tout grognement envers un enfant doit inciter à consulter un vétérinaire comportementaliste. Les morsures à la face peuvent taire des dégâts épouvantables et irréparables. En ce domaine, une extrême prudence est la règle.
Qui est le chef ??
Les conflits liés à la hiérarchie sont à l'origine de nombreuses morsures. Le chien est en effet un animal social et, dans la «meute » que notre famille forme avec lui, nos relations reposent sur des rapports de force. Un chien doit toujours être dominé.
Pourtant, nous commettons, parfois involontairement et par méconnaissance de la psychologie canine, des erreurs qui permettent à nos compagnons de gagner quelques points dans l'échelle de la dominance.
Que faire... et surtout, ne pas faire?
Selon les vétérinaires comportementalistes, les troubles de la hiérarchie semblent de plus en plus fréquents. Plusieurs raisons sont invoquées.
Tout d'abord, les affections comportementales sont de mieux en mieux connues, et le verdict «il est méchant donc on le pique » ne tombe plus tel un couperet. Par ailleurs, les appartements que nous habitons sont de plus en plus exigus, ce qui interdît à chacun d'avoir « son » territoire.
Existe-t-il des races prédisposées aux conflits de nature hiérarchique ? À vrai dire, on n'en sait rien. Il faudrait, pour l'affirmer, effectuer des études comparatives entre différentes races élevées de la même manière, ce qui n'existe pas actuellement. Les grands chiens sont-ils plus souvent en cause?
Apparemment oui, mais il ne semble pas s'agir de « dominance atavique ». Ces chiens, en réalité, assoient plus facilement leur dominance car leurs maîtres en ont peur.
Il faut savoir également que tout système hiérarchique est instable: le chien dominé veut toujours être le calife à la place du calife et va essayer régulièrement de montrer des signes de dominance. Involontairement, nous-mêmes faisons parfois des signes d'allégeance qui risquent de provoquer un bouleversement relationnel.
Ça se passe comment?
Certains vétérinaires racontent des histoires qui paraissent invraisemblables : le cas de maîtres qui doivent ruser tous les soirs pour entrer dans leur lit, ou celui de personnes contraintes de se lever plusieurs fois la nuit pour sortir leur chien. Comment en sont-elles arrivées là? Elles n'ont pas tout compris de la psychologie canine...
L'importance des repas
Chez l'homme comme chez le chien, le repas a une importance sociale déterminante. Dans la meute, les dominants mangent les premiers. Or, que font la plupart des maîtres quand ils adoptent un chiot ? Ils lui donnent à manger dès son arrivée, le comblent de friandises. Première erreur. Pour vérifier qu'il est en bonne santé, le maître, croyant bien faire, regarde son chien manger et le félicite: «quand l'appétit va, tout va ». Nouvelle erreur. Dans la meute, les dominés regardent manger les dominants.
Pour faire plaisir à son chien (combien de fois n'entendons- nous pas le fameux «il mange comme nous » ?), il lui donne à manger à table. Erreur encore: dans la meute, les dominés ne mangent que lorsque les dominants ont terminé. Cette situation est perverse: le maître va se rendre compte au bout de quelque temps que son chien devient vraiment pénible, à quémander en présence des invités. Il va donc le nourrir avant tout le monde pour avoir la paix, lui assurant de nouveau une prérogative de dominant.
Le contrôle de l'espace
Les sites stratégiques pour le chien sont en général la chambre des maîtres et le canapé ou les fauteuils du salon. Ils ont une valeur hiérarchique, de même que les endroits qui permettent de contrôler les passages et les allées et venues. Nous n'allons tout de même pas laisser ce petit chiot pleurer toute la nuit! Et hop ! Dans le lit. Il s'y trouvera si bien qu'il ne voudra plus dormir ailleurs. Le canapé est très souvent le lieu des premiers problèmes : le maître qui désire faire descendre le chien écope d'un grognement agressif, voire d'une morsure. Il a encore baissé dans la hiérarchie.
Permissivité Sexuelle
Dans la meute, les dominants s'accouplent en public. La permissivité vis-à-vis des comportements sexuels est à bannir: le chien qui s'excite sur la jambe de son propriétaire ou qui s'accouple avec un coussin sur le canapé ne fait que renforcer son rôle de dominant.
Rien n'est anodin
Nous commettons des erreurs dans tous les secteurs : dans notre esprit d'humains, jouer est un plaisir et excuse tous les comportements. Par le jeu, le chien essaye d'asseoir sa dominance.
Il ne faut jamais, par ailleurs, interrompre un dressage sur un refus. Le chien comprend ainsi qu'il est le plus fort. Nous réalisons aussi des contresens bien involontairement: le chien qui nous mord vient souvent nous lécher après cette morsure, ce que nous interprétons par le fait qu'il demande pardon . Point du tout. Ce comportement correspond, à l'état sauvage, à un geste d'apaisement de la part du dominant envers le dominé. Et n'embrassons pas nos chiens: pour des raisons hygiéniques bien sûr, mais parce que ce comportement est encore un signe d'allégeance du dominé envers le dominant.
Que va-t-il se passer?
Le chien va progressivement demander à avoir accès à tous les privilèges. C'est une sorte d'incubation ou (presque) rien ne se passe, le maître cède à tout, parfois inconsciemment ou « pour avoir la paix ». La prise de pouvoir se fait tout en douceur, jusqu'au jour où le conflit éclatera violemment par des agressions (morsures) de plus en plus fréquentes. C'est hélas un peu tardivement que notre délinquant parvient chez le vétérinaire.
Ce dernier devra tout d'abord établir un diagnostic : ne vous étonnez pas si l'entretien est très long et si le praticien vous pose des questions sur des détails qui vous paraissent insignifiants.
La pathologie comportementale du chien est en effet très riche, et on emploie des thérapies très différentes selon la nature de l'affection, qu'il convient de qualifier avec certitude.
Que faire?
On comprend aisément que le traitement sera d'autant plus difficile que le chien a acquis de nombreux privilèges (voir encadré « les privilèges du chef'). Nous sommes face à une pathologie de groupe et le vétérinaire demandera souvent à voir toute la famille. Dans certains cas, il arrive qu'on déconseille le traitement : un York dominant ne présente pas un danger extrême, mais un Bobtail dominant est à considérer avec prudence. Le vétérinaire, dans certaines conditions, préférera référer le cas à un confrère plus spécialisé, ou conseillera le placement du chien: certains sujets très dominants peuvent être très rapidement «guéris » dans un foyer étranger qui connaît bien le comportement canin.
Le traitement de ces troubles, une fois levées toutes les réserves que nous avons évoquées, comprend deux volets : une thérapie comportementale et un traitement médicamenteux.
La thérapie incombe totalement au maître : le but est d'augmenter progressivement l'autorité et la dominance vis-à-vis du chien. Parfois, au départ, seules de petites modifications seront proposées : donner à manger au chien après tout le monde, par exemple, puis, très progressivement, s'attaquer aux privilèges du chef, un à un, et émettre prudemment des signaux de dominance. L'inscription dans un club d'éducation est souvent profitable. Des médicaments sont parfois prescrits au début. De grâce, ne faites pas n'importe quoi! Les médicaments qui vous conviennent ne sont pas faits pour les chiens. Certaines molécules ont des effets désinhibiteurs, et on court alors le plus grand risque.
Prévenir
Hélas, les vétérinaires voient arriver des chiens dont la dominance est très nettement établie, ce qui complique le traitement. Comme d'habitude, mieux vaut prévenir que guérir, et c'est relativement simple.
Demander conseil à son vétérinaire pour le choix d'un éleveur. Eviter les chiots élevés en batteries ou d'origine douteuse, particulièrement en provenance des pays de l'Est. Ces animaux sont d'excellents candidats aux troubles du comportement en général.
Dépister précocement les troubles : ne pas hésiter à faire un bilan comportemental avant les dix mois du chien. Quelques notions de simple bon sens permettent de vivre en harmonie. Retenons que c'est nous et nous seuls qui sommes responsables du statut dominant de nos chiens. Il n'y a pas de chiens « méchants «, mais surtout des maîtres ignorants, trop « aimants « et pleins de bonne volonté.., qui ne savent pas qu'un chien doit être laissé à sa place de chien.