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Premières Nuits : Vos Boules Quies.


     Le départ de l'élevage constitue un traumatisme affectif dont les chiots se remettent très vite. Encore faut-il qu'ils se sentent rapidement bien dans leur nouveau milieu et qu'il leur soit permis de vite s'attacher à leur maître attitré dont la fonction est, entre autres, de les protéger. Un chiot qui n'a pas confiance en lui et en ceux qui l'entourent ne peut appréhender son environnement sereinement.      

     N'oublions pas qu'à deux mois, il est en pleine phase de socialisation et qu'il a besoin de toutes les armes possibles pour la réussir et devenir un gentil adulte équilibré.

     À ce jeune âge, tout compte, y compris les expériences apparemment anodines comme la première nuit sans sa mère, ses frères et ses sœurs.


     La première nuit du chiot est un passa­ge obligé souvent redouté par ses nouveaux propriétaires, ces derniers ayant peur qu'il ne supporte pas la solitude. Leur crainte est légitime car bien souvent, le chiot ne s'endort pas immédiatement après avoir été couché dans son panier: il pleure, gémit, cherche à attirer l'attention et à rapprocher son entoura­ge de lui.

     C'est normal car c'est la première fois qu'il se retrouve tout seul, et qui plus est à un moment où il avait l'habitude de se serrer contre les siens. Les chiots partagent en effet leur sommeil jusqu'au départ de llevage, et si leur gé­nitrice est particulièrement motie par la maternité, elle peut les garder près d'elle jusqula dernière nuit. La détresse de la pre­mière nuit n'est donc pas du cinéma, et il est tout à fait légitime de vouloir ai­der son chiot lors de cette épreuve.

Pour des raisons de hiérar­chie, on a coutume de dire que le chiot doit dormir seul et loin de ses maîtres dès le premier soir. Le chiot devant comprendre qu'il est le dernier de l'échelle sociale de sa nou­velle « meute », il faut qu'il dorme éloigné de ses supé­rieurs hiérarchiques, y compris des enfants. La plupart du temps, au bout de deux ou trois nuits, il s'habitue à son lieu de cou­chage et accepte d'y dormir sans manifester de détresse.


Préparez ou bien ....


     On peut néanmoins opter pour une autre solution, plus progressive pour le chiot, mais potentiellement plus difficile pour le maître.


Sommeil partagé

     

     Revenons un instant sur le processus qui permet au chiot de s'attacher et donc de grandir. Les chiots s'at­tachent à leur mère dès le douzième jour, quand ils sont capables de bien la dif­férencier. Elle devient leur être dit « d'attachement pri­maire », c'est-à-dire qu'elle seule peut leur procurer apaisement et sérénité. Sé­parés d'elle, ils sont plon­gés dans un état de détresse affective profonde et seul son retour peut les rassurer et faire cesser leurs cris.

Les chiots s'attachent en­suite à leurs frères et sœurs, et des affinités se créent entre individus. La mère peut désormais aller se pro­mener quelques minutes sans déclencher de drame au sein de sa portée, qui se suffit à elle-même le temps de son absence.

À deux mois, le chiot quitte son élevage, c'est-à-dire tous les êtres auxquels il s'est attaché, ainsi que son environnement natal, qu'il connaît et dans lequel il se sent bien. Après un trajet en voiture et une journée pas­sée avec ses nouveaux maîtres, pour la première fois de sa vie il se retrouve seul, sans être d'attache­ment contre lequel se blot­tir. Pour son bien-être affec­tif et mental, son maître peut donc tout à fait dormir avec lui les deux premiers jours. Le sommeil ainsi partagé va participer à la créa­tion du lien d'attachement et de confiance entre le maître et son petit compa­gnon. Mais attention, dès la deuxième ou troisième nuit, le chiot doit apprendre à dormir seul.

Si tel n'est pas le cas, il sera beaucoup plus difficile d'obtenir de lui l'accepta­tion de la solitude de la nuit. N'oublions pas que le lit du maître est lourdement signi­ficatif sur le plan hiérar­chique. C'est même l'en­droit le plus chargé en termes de hiérarchie et ce n'est donc en aucun cas la place du chiot, qui doit dor­mir dans un lieu non straté­gique. La chambre des en­fants n'en n'est pas un puis­qu'ils arrivent juste derrière leurs parents dans l'échelle sociale familiale. Un autre endroit qui pourrait faire croire au chiot qu'il a un rô­le de leader au sein de sa meute humaine est l'entrée ou un couloir souvent tra­versé. Cela signifie pour lui qu'il peut surveiller l'espa­ce et contrôler les allées et venues de ses habitants. Idéalement, sa couche doit donc être placée dans un en­droit socialement neutre pour lui (cuisine, coin iso­lé). Il faut qu'il y soit tran­quille et que son intimité soit respectée. Attention no­tamment à ne pas aller le ré­veiller pour un oui ou pour un non quand il dort dans son panier.

     Dormir avec son chiot une nuit ou deux doit rester une expérience très courte avant de le transférer dans son lieu de couchage définitif. Lpreuve de la première nuit est facilitée par la tran­quillité intérieure du chiot, qui a eu plus de temps pour s'habituer à son nouvel environnement et qui s'est, en règle générale, déjà attaché à son propriétaire. Par les soins, la nourriture et l'af­fection qu'il a reçus de lui, il le consire comme une personne bienveillante qui s'occupe de lui, comme sa mère. Il n'est donc pas in­quiet car tout ce dont il a be­soin lui est fourni. Dans cet état d'esprit, il est beaucoup plus facile pour lui de gérer tranquillement l'anxiété gé­nérée par la solitude.


Les Surprises du petit matin.

     

     La première nuit peut bien se passer si l'on fait attention à respecter les besoins du chiot. Il est cependant rare qu'il ne fasse aucune tentative pour essayer de rejoindre son maître. Attention à ne pas cra­quer si l'on ne se sent pas capable de le repousser par la suite.

Un autre élément est à souligner: il ne faut pas gronder le chiot quand on découvre au petit matin les urines et les selles qu'il aura certainement émises pendant la nuit. Dès son réveil, il faut le sortir, le féliciter dès qu'il a fait ses besoins dehors et nettoyer

les dégâts hors de sa vue. En effet, s'il est capable de com­prendre que son maître est content quand il se soulage à l'extérieur, il ne peut pas faire le rapprochement entre sa colère matinale et ce qu'il a fait pen­dant la nuit.


Trucs de grand-mère


     Si le maître a peur de ne pas avoir le courage de le chas­ser de son lit, il peut opter pour la deuxième méthode, mais en aidant son chiot à ne pas être trop anxieux, seul le premier soir. Il utili­sera pour cela divers acces­soires dont le rôle est de rappeler au chiot des élé­ments agréables qu'il connt et qui le rassurent. Par exemple, il est judicieux de demander à lleveur quelque chose qui soit im­prégné de l'odeur de son pa­nier natal. Un tissu peut fai­re l'affaire et on prendra soin de le déposer sur sa couche.

     On peut garnir celle-ci d'une bouillotte, dont la douce chaleur va aider le chiot à se détendre. Jusqula veille au soir, il s'endor­mait blotti contre ses frères et sœurs, et il associe donc la sensation de chaleur au bien-être et au sommeil. La douceur du contact de sa 1 mère et des autres chiots peut être reproduite à l'aide d'un linge ts doux (laine, polaire, tapis spécial imitant la peau de mouton ... ).      Enfin, pour les individus les plus jeunes, on peut glisser, près de la bouillotte, un ré­veil au tic-tac suffisamment perceptible. Cela rappellera au chiot les battements du cœur de sa mère. Si malgré tous ces rassurants artifices le petit gémit et aboie sans trouver le sommeil, ce n'est pas le moment de craquer et de l'accueillir dans son lit. En général, il s'arrête de lui­même au bout de quelques minutes. Fatigué, il a besoin de dormir et si personne ne vient à son appel, il va se coucher.

     Si le chiot persiste trop longtemps, le maître peut revenir au bout d'une vingtaine de minutes afin de lui donner une lamelle ou un os à mâcher après l'avoir remis dans son panier. Ce n'est pas le moment de le câliner ou d'essayer de l'apaiser par des mots et des caresses: le chiot compren­drait alors que s'il appelle, on vient et on lui procure ce qu'il attend. Il va sans dire que ce n'est pas un bon message à lui faire passer. En lui donnant de quoi s'oc­cuper et en repartant aussi­tôt, on le motive sur autre chose, on détourne son at­tention.


UNE CAGE DORÉE

     

     Si le chiot a vraiment du mal à surpasser l'épreuve de la première nuit, on peut lui offrir un milieu confiné, comme une niche ou une grande cage de transport Ce petit univers clos est rassurant et il s'y sent mieux que dans l'espace offert par une pièce. Cela fait partie de son instinct car à l'état sauvage, les canidés creusent des tanières ou des trous pour mettre bas. Les petits ne sont pas exposés comme le sont les poulains ou les faons, mais gardés dans un milieu clos, res­treint et généralement enfoui. Le faire dormir dans sa boîte de trans­port pourra être par la suite d'une grande utilité. Il s'y habitue et ap­prend à l'apprécier, ce qui rendra beaucoup plus faciles les déplace­ments en avion, en bateau, les gardes par des amis, ou encore les éventuelles hospitalisations.