Il a peur de tout !!!
Dès que retentit la sonnerie du téléphone, il court se cacher sous le lit. La venue du facteur le terrorise, il va jusqu’à s’oublier dans la maison tant il est effrayé.
Le chien comme l’homme peut développer des phobies qui sont des réactions irraisonnées à une stimulation donnée. Heureusement, cela se soigne!! Les mots sont très importants en pathologie du comportement.
Ainsi peut-on dire qu’un animal a peur lorsqu’il se trouve dans une situation potentiellement dangereuse et qu’il ne peut s’enfuir. On parle de crainte en situation ouverte le chien peut se sauver et met en branle toute une série de signaux (postures, mimiques...). Crainte et peur ne sont pas pathologiques. En revanche, les phobies font partie des troubles du comportement.
Une phobie se caractérise par une réponse émotionnelle non régulée, persistante la peur est exagérée et le chien ne revient pas naturellement à son état de calme antérieur.
Il ne faut pas non plus confondre phobies et anxiété l’anxiété est un état général de peur sans stimulation extérieure objective alors que les phobies font suite à un stimulus réel. Toutefois, non traitées, les phobies évoluent vers l’anxiété.
Une période critique
Les comportementalistes distinguent deux types de phobies ontogéniques et posttraumatiques. On parle de phobie ontogénique quand celle-ci est apparue au tout début de la vie du chien, dans la période dite sensible qui se situe entre trois et douze semaines. Les phobies posttraumatiques font suite, plus tard dans la vie, à une stimulation désagréable survenue brutalement.
Les premières surviennent chez des animaux qui ont été quelque peu coupés du monde entre trois et douze semaines. C’est le cas de chiots élevés à la campagne au fond d’un chenil, et qui ne connaissent rien à la vie. Une fois chez leur propriétaire, ces chiots vont être confrontés à toutes sortes de situations qu’ils ignorent bruit des voitures, télévision, cris des enfants, etc. Ils vont développer une ou plusieurs phobies face à ces stimulations nouvelles.
La phobie post-traumatique est bien différente c’est le cas typique d’un chien écrasé sur la voie publique et qui survit. Très souvent, ces animaux vont développer une phobie vis-à-vis de toutes les voitures. Il en va de même pour une première séance de toilettage qui se passe mal. Les stimuli qui font le lit de cette phobie ne sont pas toujours aussi violents il peut tout aussi bien s’agir d’une sonnerie de téléphone que le chien entend, sans pouvoir s’y soustraire, alors qu’il est seul à la maison.
Évolution
L’évolution d’une phobie passe par trois stades.
Le stade phobique simple présente les caractéristiques suivantes le chien a des réactions modérées et revient assez rapidement à son comportement normal. On observe toutefois des tremblements, des hésitations, un ptyalisme (le chien bave), une mydriase (élargissement du diamètre de la pupille) les propriétaires disent souvent: « Dans ces moments . Le chien peut éventuellement se montrer agressif s’il n’a pas de possibilité de fuite. Si rien n’est fait, la phobie évolue: l’intensité du stimulus nécessaire à enclencher le comportement phobique diminue progressivement, alors que le chien a de plus en plus de mal à revenir à son état normal. Nous arrivons ainsi au stade 2 de la phobie que l’on appelle aussi stade de généralisation.
Le chien commence à anticiper émotionnellement l’événement déclenchant. C’est le cas par exemple d’un chien de chasse présentant une phobie des coups de feu: le fait de voir son maître s’habiller pour la chasse ou se saisir de son fusil suffira à entraîner la réaction phobique.
Le chien, par ailleurs, va réagir à des stimulations différentes mais proches de l’événement originel.
Par exemple, une phobie de l’orage peut évoluer vers une phobie de tout bruit violent. En plus des anomalies décrites antérieurement, on pourra observer des réactions plus spectaculaires : vomissements ou émission de selles molles, incontinence urinaire, destructions...
Le stade 3 ou préanxieux est le stade ultime. Il se caractérise par une exacerbation des symptômes, et par l’apparition de comportements de substitution : le chien, pour calmer son anxiété, va par exemple se lécher une patte en permanence, ou devenir boulimique... Comment y remédier? Comme dans la plupart des affections psychiatriques canines et humaines, le traitement a deux volets.
Le traitement médicamenteux permet de passer le cap le plus difficile, il contribue en réalité à rendre plus efficace la thérapie comportementale. Il est du seul ressort du vétérinaire et fait appel à des médicaments dits psychotropes.
Prévenir
Il est toujours difficile de guérir une affection comportementale, aussi vaut-il mieux tout faire pour la prévenir. C’est extrêmement simple pour les phobies:
• Ne pas élever les chiots dans le calme et sans voir personne. Les emmener le plus tôt possible dans des endroits animés (gares, grands magasins), et leur faire rencontrer des personnes différentes.
• Ne pas exposer un jeune chien à un stimulus très violent : par exemple, nejamais l’emmener au feu d’artifice du 14juillet (ni un vieux d’ailleurs...). Pour résumer, si votre chiot vous semble « peureux », demandez rapidement conseil à votre vétérinaire. Les phobies traitées précocement ont plus de chances de guérir.