L'Aggression.
Souvent quand un chien mord ou grogne, il est déclaré dangereux, inapte à vivre en société. Or chez le chien, l’agression est un comportement normal intégré dans sa vie sociale lors de son apprentissage. Ce comportement devient pathologique uniquement lorsque les séquences d’agression sont désorganisées. Il existe environ cinq types d’agressions prédatrice, hiérarchique, par irritation, territoriale et par peur.
Les séquences de morsure
Les morsures s’effectuent selon un schéma bien particulier. La phase d’intimidation où le chien reste immobile, le poil hérissé, la queue et lesoreilles dressées.Puis il avance d’une démarche mécanique (membres raides), les babines retroussées en grognant.
Lors de la phase d’attaque, le chien charge l’adversaire, assure sa prise pour le renverser et le maintien au sol jusqu’à ce que l’adversaire se soumette.
Enfin, la phase d’apaisement voit le vainqueur poser sa patte sur le garrot,mordiller la tête, lécher les plaies infligées ou encore chevaucher le vaincu.
Ces trois séquences sont présentes lors d’agression par irritation, hiérarchique ou territoriale. Par contre, les agressions par peur et prédatrices se résument souvent à la phase d'attaque.
Les agressions prédatrices
Deux cas de figure peuvent se présenter soit il s’agit d’une proie de petite taille, soit c’est une proie de grande taille.
Proie de petite taille:
Le chien perçoit sa proie souvent par l’olfaction dans un premier temps puis par la vue, ou directement par la vue. Il s’en approche, s’arrête puis saute dessus pattes jointes, queue et oreilles dressées et les poils du dos hérissés. Enfin, le chien attrape sa proie et la secoue pour éventuellement casser le bassin.
Proie de grande taille:
Il s’agit plutôt d’une chasse en groupe, régie par les statuts hiérarchiques. Aprè savoir été repérée, la proie est chargée de façon à la mettre en fuite. C’est ce comportement de fuite qui induira la poursuite par la meute, sans cela, les chiens risquent d’être
déconcertés parfois même au point d’ignorer la proie. Si celle-ci a pris la fuite, elle sera isolée et immobilisée jusqu’à obligation de faire face.Enfin, la mise à mort s’effectuera par les membres dominants.
La proie:
En résumé, une proie est un individu dont l’espèce n’est pas reconnue, qui fuit devant le prédateur et surtout qui est isolé.
Dans ce type d’agression, il n’y a pas de signaux de menace (il n’y en pas d’utilité) et les hormones sexuelles n’ont aucune influence,il s’agit d’un comportement instinctif déclenché la plupart du temps par la faim.
Pour les chiens attaquant l’homme, il s’agit souvent d’animaux non sociabilisés à cette espèce (chiens élevés dans les caves ou au fond des jardins sans attention particulière des propriétaires). Il se peut également que ces chiens aient été dressés pour la garde et la protection des biens du maître, les morsures sont infligées
lorsque l’intrus part en courant.
Enfin, il arrive que des chiens se retrouvant pour la première fois face à des jeunes enfants à quatre pattes les identifient à des proies
de petite taille.
Les agressions hiérarchiques
Elles regroupent les agressions entre mâles, entre femelles et entre chien et homme. Elles sont déclenchées lors d’une compétition pour le rang social.
Organisation de la hiérarchie:
La hiérarchie chez le chien s’établit selon plusieurs principes. Tout d’abord,l’accès à la nourriture est en priorité laissé aux dominants (mâle et femelle), se sont les seuls à prendre leur temps pour manger.
Les chiens dominants réglementent les mouvements du groupe et contrôlent l’occupation de l’espace par chacun. Ils peuvent interdire l’accès à un endroits’ils le désirent, c’est rarement le cas. Enfin, seuls les individus dominants peuvent exprimer leur sexualité devant leurs congéneres.
Dans une famille:
Tous ces critères se retrouvent chez les chiens dominants ils ne finissent pas leur gamelle, ils se couchent dans les endroits les plus fréquentés (couloir,seuil...), ils chevauchent les jambes des maîtres ou des invités, ils ont accès à tout l’espace.
Les agressions hiérarchiques sont sous dépendance hormonale surtout lors de la puberté, beaucoup moins chez les chiens sexuellement mâtures. Ainsi, la castration d’un mâle ayant des tendances à la domination ne sera efficace que si elle est pratiquée tôt.
Les agressions par irritation
Elles peuvent être déclenchées par la douleur (otite, arthrose), les privations (faim ou soif), les frustrations (récompense remplacée par une punition) ou encore lors de la persistance d’un contact physique. On y inclut également les cas d’agression lors d’affections de certains organes sensoriels (chien sourd caressé par surprise, anomalie de perception de la lumière...).
Une castration précoce peut baisser la fréquence de ces agressions, mais souvent les propriétaires s’en rendent compte trop tard. Si ce type d’agression apparaît brutalement, on penche plutôt pour une affection organique ou une atteinte des organes sensoriels.
Enfin, lors de frustration ou d’un contactphysique maintenu, les agressions deviennent vite une habitude, et le chien ne présente plus la phase de menace il mord d’emblée.
Les agressions territoriales
Elles sont déclenchées par l’arrivée d’un intrus dans le territoire de la meute.
Entre chiens, les signaux sont clairs le défenseur indique à l’intrus son mécontentement par des grognements et des aboiements. Si l’intrus persiste, le chien urine et fini par attaquer.
Dans le même ordre, on trouve les agressions maternelles, les étapes sont les mêmes, leur déclenchement n’est dû qu’à la présence de chiots.
Dans la famille:
Ce sont les cas où le chien refuse l’accès de la maison à toute personne qu’il considère comme étrangère.
Il arrive fréquemment qu’une chienne utilise ce mode d’agression lorsque l’on veut toucher sa portée ou son jouet qu’elle garde précieusement. Cela devient encore plus flagrant chez les chiennes présentant des dysfonctionnements hormonaux.
Les agressions par peur
D’apparition exceptionnelle, ce type d’agression survient lorsque la fuite devient impossible ou lorsque tout autre comportement est incompris.
Les signes physiques sont souvent bien visibles la fréquence respiratoire
augmente, le chien vide ses glandes anales (émettant une odeur très forte), il y a mictions et défécations et les pupilles sont très dilatées.Lorsque l’agression survient, il n’y a pas de phase d’intimidation, l’attaque est directe et imprévisible. Dans ce cas, les
blessures infligées sont toujours graves car le chien ne se contrôle pas.
Toutes ces agressions bien codifiées, sont inculquées par la mère, les jeux entre chiots puis ensuite par le contact avec les congénères adultes.
Si votre chien est bien éduqué, ce n’est peut être pas le cas de tous les autres.
C’est pourquoi il est toujours préférable d’apprendre aux enfants à ne pastoucher les chiens inconnus ou encore de ne pas insister si le chien ne veut pas jouer.
En France, des vétérinaires se sont spécialisés dans l’étude du comportement canin.
Si votre chien vous pose quelques problèmes, n’hésitez pas à les contacter.
Les traitements médicaux et comportementaux sont d’autant plus efficace s’ils sont mis en place précocement.